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Écosystème Boson & RSE

Tout le monde a déjà entendu le terme “RSE” au moins une fois dans sa vie. Il y a ceux qui font semblant de savoir ce que ça signifie, ceux qui s’offusquent que la totalité des dirigeants ne l’aient pas déjà tous tatoués sur leur poing, ceux qui l’utilisent dans leur communication parce que “ça rend plutôt bien”, ou encore ceux qui s’arrachent les cheveux à essayer de faire rentrer ces notions dans des cases. Et dans chacune de ces situations, on ne peut nier que la RSE impacte désormais de nombreuses entreprises et directions. Et quitte à devoir composer avec, autant comprendre ses origines, applications et prétentions. C’est ce que les Bosons vous proposent d’investiguer au travers de cette série d’articles sur la RSE.

Les personnalités qu’on vous invite à découvrir

En exclusivité pour vous, une sélection de quelques personnalités de notre écosystème qui nous ont marquées. Des pépites qui invitent à la réflexion, et qui poussent à passer à l’action, sans langue de bois.

Brune Poirson

Ancienne secrétaire d’État à Transition écologique, elle a initié et porté la loi AGEC (anti-gaspillage) en 2020, avant de devenir la directrice de Développement Durable du groupe Accor.

Pourquoi elle nous inspire : pour sa vision éclairée du leadership et son réalisme optimiste quant à la conciliation de l’économique, du social et de l’environnemental.

Selon Brune, un bon leader est une personne de courage, qui ose lier la réussite de son entreprise à son alignement social et environnemental. Une personne prête à se confronter régulièrement à la réalité de son impact global, et à démissionner s’il s’aperçoit ne pas être capable de remplir cette tâche. Capable de renoncer à une partie de ses privilèges si besoin. Être prêt à tout perdre pour une cause qui le dépasse. 

Un bon leader est bien entouré. Il doit pouvoir s’appuyer sur un groupe d’amis fidèles et vrais. S’entourer de gens qu’il admire et respecte. Il faut oser le collectif, même dans sa sphère la plus intime, car c’est en se confrontant à ces regards vrais qu’on arrive à se percevoir.


Gilles Boeuf

Professeur à la Sorbonne, Gilles est biologiste. Il a été président du Muséum national d’histoire naturelle, professeur invité au Collège de France et conseiller scientifique au cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.

Pourquoi il nous inspire : parce que Gilles fait le lien entre développement durable, environnement, énergie et société. 

Selon Gilles, nous avons oublié que nous étions nous même vivants. Et admettre que nous sommes vivants c’est admettre que nous faisons partie d’un système qu’il est primordial de respecter. Pour ce faire, nous pouvons nous inspirer du fonctionnement de la nature afin de réintégrer un système dont nous avons tendance à vouloir nous extraire: observation, écoute et humilité.  

Les “keystone species”, espèces organisatrices garantes du bien-être et de l’existence du système, affectent de nombreux autres organismes dans un écosystème. Ces quelques espèces à elles-seules structurent et assurent l’équilibre écologique. Ce qui signifie que notre place et notre responsabilité en tant qu’êtres humains et membres du vivant sont immenses pour assurer et maintenir l’équilibre de l’écosystème.


Carine Kraus

Directrice exécutive de l’Engagement, membre du COMEX du Groupe Carrefour.

Pourquoi elle nous inspire : pour sa vision pragmatique de la RSE, qu’elle aborde avant tout comme un atout stratégique et non comme une bonne action philanthropique.

Selon Carine, pour aborder le sujet de l’engagement de manière pérenne, il faut favoriser l’angle de la création de valeur. En optant pour une approche philanthropique, on prend un risque quasi certain d’abandon du projet  à la moindre difficulté financière

Prenons l’exemple de la diversité : on ne recrute pas des femmes pour “être gentil ou équitable”. On recrute des femmes car elles apportent un regard différent, une autre manière de penser. Les études montrent d’ailleurs  que la pluralité de points de vue et d’expériences génère de la valeur. Et ça s’observe de manière plus macro dans les études financières et économiques : les entreprises qui ont une bonne politique ESG ont davantage d’investisseurs et un cours de bourse plus élevé.


Pierre Hurstel

Président TBS Education, auteur de l’Entreprise Réparatrice aux Editions Maxima.

Pourquoi il nous inspire : nous aimons dire que Pierre est le sage idéal pour prendre du recul sur des problématiques de transformation des organisations avec un angle militant.

Selon Pierre, Environnemental, Social et Gouvernance (ESG) sont des termes bien plus imbriqués à terme qu’il n’y paraît. L’environnement porte le social, et les deux doivent être tirés par la gouvernance. Et pourtant, même au sein des entreprises les plus progressistes, le soin n’est toujours pas au cœur du travail. Or, cette notion est essentielle, mais tributaire des leaders, et de leur intime conviction qu’elle est effectivement primordiale au bon fonctionnement de l’entreprise. De leur compréhension de l’impact négatif que peut avoir un comportement toxique sur l’organisation. Et même de leur simple compréhension de ce qu’est un comportement toxique.. Mon sentiment est que plus l’entreprise grandit, plus il est compliqué de faire vivre cette ligne de séparation entre toxique et sain de manière homogène.


Dimitri Caudrelier

Ancien PDG de Quantis, membre de la génération Glasgow, coauteur du livre « 100 pionniers pour la planète » aux éditions JC Lattès.

Pourquoi il nous inspire : parce qu’il est la définition évidente du mot. Dimitri a notamment mené une expédition en voilier à travers le monde pour sensibiliser le public à la protection de l’environnement. 

Selon Dimitri, la notion de courage est clé pour adresser le défi climatique. Le courage de la vérité comme préalable à l’action. Le courage de l’action quand la peur paralyse. Le courage de l’ambition, de la remise en question et de la prise de hauteur pour rêver grand. Le courage de l’abnégation, quand le chemin est sinueux. Et aussi, le courage du renoncement.


Dominique Bourg

Philosophe franco-suisse, il enseigne à l’université de Lausanne. Membre du comité de veille écologique de la fondation Nicolas-Hulot, il se consacre principalement aux questions environnementales et à la technique.

Pourquoi il nous inspire : pour son courage et la finesse de ses écrits. Dominique partage une parole emprunte de liberté, rafraîchissante malgré la gravité des termes abordés. 

Selon Dominique, le mot transition peut être gênant pour l’environnement. Sans possible retour en arrière, il serait plus adéquat de parler de bascule. Pour opérer au mieux cette bascule, la société doit contrer un problème de taille : la logique marchande de l’information. Dans une constante course au buzz, où les discours provocateurs et extrêmes sont favorisés au détriment de la nuance, les clivages font loi. Or, nous sommes précisément dans un contexte où, plus que jamais, nous devons nous réunir, cohabiter dans un récit commun. Quand on regarde les réseaux sociaux, on réalise assez facilement qu’on ne fait plus société. On a étendu la sphère marchande là où elle n’avait pas du tout à s’implanter : les cookies tiers et les moteurs de recherche ont rendu les gens fous. Et désormais, nous devons composer et négocier avec cette folie pour faire société à nouveau, et nous adapter aux changements climatiques.


Emery Jacquillat

Fondateur de Matelsom, premier site de vente en ligne de literie, il est aujourd’hui PDG de Camif Matelsom et cofondateur de la Communauté des Entreprises à Mission. Membre de la Génération Glasgow.

Pourquoi il nous inspire : parce qu’il n’a pas peur de faire confiance en l’avenir, qu’il assume pleinement sa responsabilité de dirigeant, et qu’il est porteur d’un discour militant qu’il veut puissant.

Selon Emery, le rôle de l’entreprise est déterminant, car c’est elle qui façonne le monde. Au 19eme siècle, elle l’a changé. Au 20ème aussi. Et ce sera la même chose pour le 21ème siècle. Ce ne sont pas les États qui ont inventé internet et la locomotive. Dans le chaos, les entreprises arrivent à créer un monde soutenable. Puissant levier de transformation, elles doivent en prendre conscience et s’engager activement, profondément dans cette bascule. Et cela passe d’abord par la prise de conscience du dirigeant, puis par la mise en mouvement en estimant à sa juste valeur le temps long. 


François Gabart

Navigateur et skipper professionnel français, fondateur et dirigeant de l’écurie de course au large MerConcept et cofondateur de Vela.

Pourquoi il nous inspire : parce qu’il participe à l’incroyable pari de décarbonner le secteur du fret maritime et de la course au large. 

Selon François Gabart, marins et entrepreneurs se ressemblent plus qu’il n’y paraît. Les deux ont des enjeux financiers à adresser, doivent construire un projet solide, convaincre, embarquer. Ce sont des métiers multifacettes et challengeants.

Quand on navigue, on ne peut rester insensible aux questions climatiques. Or, l’intime est l’un des moteurs les plus puissants pour enclencher une transition, et accompagner la bascule environnementale que nous traversons. Cette conviction, il la défend depuis sa jeunesse, quand il a pris conscience de la finitude des ressources alors qu’il vivait sur un bateau avec ses parents. De nature optimiste et positif, il pense que technique et innovation peuvent contribuer à façonner un monde plus viable.

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